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Réflexion sur le cadre de vie

dimanche 12 octobre 2014, par ajas

La qualité de vie dans nos communes est indissociable d’une certaine "préservation du cadre de vie".

Ceux dont les origines sont enracinées dans le pays supportent mal de voir évoluer trop vite l’environnement qui les a vus naître (au moins tant qu’ils demeurent sur place)...
Pour les nouveaux arrivants, le type d’environnement de la commune est celui qu’ils ont choisi. Eux non plus ne souhaitent pas le voir évoluer trop vite. Ils n’ont voulu ni du centre ville ni de l’immobilier collectif de la CUB. Ils ont plébiscité le "pavillon avec jardin" aujourd’hui tant décrié. Parmi leurs critères : un environnement calme, plutôt verdoyant et préservé de l’insécurité.

Pour préserver ce cadre de vie, il faut d’abord le connaître. Et, alors seulement estimer, et cela dans le temps, les aménagements qu’il pourrait supporter sans être défiguré.
Nous sommes confrontés à un paradoxe : comment préserver un environnement en y procédant à une urbanisation qui tend à le détruire ?

Si l’on observe ce qui se passe dans nos communes, on constate qu’aux lotissements réalisés succèdent des projets d’autres lotissements et cela sans limite visible, au nom d’une formule qui voudrait qu’ "une commune qui ne se développe pas est une commune qui meurt".
Après l’accueil des nouveaux arrivants viennent les indispensables aménagements de l’école, de la cantine, des espaces publics, les incontournables services à la petite enfance, aux adolescents, etc...

Tout cela avec la bénédiction quasi générale
- des élus fiers de pouvoir dire : "voyez ce que nous faisons pour vous" ;
- des propriétaires heureux d’avoir touché le "jackpot" en vendant des terres qu’ils ne travaillent plus depuis longtemps
- et une économie locale sensiblement bénéficiaire du système.

Les tendances récentes étaient déjà à la densification de l’habitat, au nom d’une lutte contre un étalement urbain qui bétonne l’équivalent d’un département par an.
Les nouvelles consignes en gestation au ministère Duflot sont beaucoup plus incisives dans la mesure où elles visent à "densifier les parcelles pavillonnaires". Pour cela, une arme d’autant plus efficace qu’elle sera applaudie par des vendeurs en quête d’optimisation des bénéfices : supprimer le droit des équipes municipales de fixer une taille minimale de terrain pour obtenir le droit à construire.
On peut déjà en anticiper les effets en regardant ce qui se passe en zone de "centre bourg". Un vendeur n’y met plus sur le marché une maison avec jardin mais une maison et un terrain à bâtir.

Il faut être conscient que l’on scelle là la disparition du mode d’habitat qui a et fait encore rêver une part conséquente des français.

À l’exception des plus fortunés, la tendance pour ceux qui pouvaient prétendre à la parcelle de 1500 m2 sera de s’accommoder de cet habitat nouvelle génération que l’on peut voir fleurir dans nos grandes banlieues : habitat en continu, parfois à R+1, avec côté rue 5 à 6 m de terrain pour la poubelle et les 2 places de parking règlementaires et la même chose côté jardin pour le toboggan des gamins, le barbecue et l’étendoir à linge.

Cette nouvelle ordonnance de l’habitat aura une incidence forte à la fois :
- sur l’image de nos communes, avec une forme d’urbanisation inédite,
- sur la qualité de vie des habitants -si Mme Duflot explique que "la densité peut être extrêmement conviviale, rassurante", elle semble ignorer que la densité va de pair avec la promiscuité génératrice de conflits-
- et même sur la forme de marché des terrains : la règle de la micro-parcelle rendra le promoteur aménageur incontournable.

Les contraintes imposées par ces nouvelles règles d’urbanisation seraient un moindre mal si l’on n’avait de fortes raisons de douter de leur efficacité ( voir étalement urbain densifié).

Ph. Delpech