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La résistance à une logique technico-économique (mars 2006)

jeudi 2 mars 2006, par Simon Charbonneau

Notre association a été créée initialement en 2003 dans une optique naturaliste visant à préserver les espaces naturels restant dans le Sud Gironde. Son idée de départ a été de prendre en considération les trois biotopes caractéristiques de notre secteur, à savoir les landes girondines, les graves et les palus de la Garonne. Jusqu’à cette date, il n’y avait aucune association généraliste de protection de l’environnement dans ce secteur de notre département, à l’exception d’associations locales constituées en raison de l’existence de problèmes ponctuels existant sur certaines communes, soit en matière d’urbanisme, soit en matière de déchets.
Or dès sa naissance, cette association s’est trouvée mobilisée contre d’importants projets comportant des impacts notables sur notre environnement comme l’ouverture des gravières de la société GSM sur les communes de Saint Michel de Rieufret, de Virelade et d’Arbanats, le grand contournement autoroutier de l’agglomération bordelaise et l’année dernière le lancement du projet de LGV Bordeaux/Toulouse suivi, cette année, par celui de la LGV Bordeaux/Hendaye.
Cette débauche soudaine de projets d’aménagement tous plus destructeurs les uns que les autres a suscité la naissance d’autres associations comme Lande Environnement Attitude ou la Défense du Pays Brédois avec les quelles notre association a engagé une collaboration fructueuse étendue par ailleurs aux élus du secteurs hostiles à ces projets. Le combat qui est actuellement engagé est un peu celui de David et Goliath, c’est pour cela qu’il est passionnant à poursuivre et qu’il ne faut point désespérer. L’action menée conduit les associations mobilisées à affronter à la fois les représentants de l’Etat (Préfets, DDE, DRIRE etc...), les grands élus régionaux et ceux des grandes entreprises privées comme publiques.
Le combat mené est dur dans la mesure où il revient à voir s’affronter des professionnels disposant d’énormes moyens d’action à des bénévoles à la recherche permanente d’informations permettant de contrer ce genre de mégaprojet. Notre action a alors pour objectif de mobiliser les populations locales souvent fatalistes et inconscientes de ce qui les attend. Il s’agit là en fait d’une action de résistance à une logique technico-économique destructrice à la fois de la nature et du cadre de vie des habitants d’une région restée encore peu touchée par le "progrès".

Cette action n’est sans doute pas certaine d’aboutir à des résultats positifs, mais elle a au moins la vertu d’avoir un sens et d’être passionnante à vivre. Il faut donc continuer à mobiliser notre énergie tant pour sauver ce que nous aimons que pour ce qui fera toujours le bonheur des générations à venir.

Le Président

Simon CHARBONNEAU