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Des dégâts collatéraux des LGV : Les gravières

lundi 3 octobre 2011, par ajas

Il ne surprendra personne d’apprendre que les LGV sont des gouffres à granulats. Selon RFF, « dans une configuration comme la traversée des Landes, il faut de l’ordre de 30 à 40000 m3 de remblais par Km dont 40 à 50% doivent provenir d’apports extérieurs ». C’est, évidemment, un profil bas et qui ne tient pas compte des travaux annexes tels que les raccordements de voieries. Si, ici, nous voulons faire une approche locale des nuisances induites par les LGV, celles des gravières occuperont une place de choix et, cela, d’autant plus que notre région Sud Gironde est tout particulièrement concernée.
En effet, depuis les interdictions de prélèvement de granulats dans le lit de la Garonne et dans les alluvions récentes qui la bordent, les sociétés d’extracteurs se sont rabattues sur la zone des Graves. Après Bègles, Villenave d’Ornon, Cadaujac –lourdement impactés lors de la construction de l’autoroute A62 et de la rocade-, ils ont sévi sur Saint-Selve, Castres, Beautiran, Ayguemorte-les-Graves, Cabanac-et-Villagrains, Saucats, Virelade, Arbanats, Saint-Michel-de-Rieufret, Illats.. Évidemment, aujourd’hui, cela ne va pas sans quelques réticences locales et plus de difficultés qu’autrefois pour obtenir des autorisations.

Aussi, les sociétés exploitantes comptent-elles beaucoup sur les grands travaux publics : la « grande métropole » et ses aménagements, Bordeaux-Euratlantique, le grand contournement dont on reparle, les LGV, etc., pour vaincre les modestes réticences locales avec l’appui assuré de la Préfecture, de la CUB et, probablement de la Région et du Département.

La puissance des moyens mis en œuvre et les volumes traités sont un sujet d’admiration pour les aménageurs. Chez les environnementalistes, la vitesse à laquelle les espaces sont dévorés est cause de démoralisation.

Un exemple pour bien donner la mesure. En juillet 2003, la Société GSM, filiale de la multinationale Italcementi, inaugurait à Illats une station hyperperformante de criblage, associée à une extension de gravière de 80 hectares La production de grave est évaluée à 1000000 tonnes par an. Les installations pourront traiter 500 tonnes par heure. Le criblage nécessite un débit d’eau de 1200 m3 par heure. Pour ce faire, une canalisation de 5600 m a été tirée depuis la Garonne. Après récupération et décantation, les eaux recyclées « limitent » le pompage en Garonne à l’équivalent de 180 m3 par heure. GSM prévoit que le site permettra une exploitation pendant 10 ans… En conséquence, GSM, prévoyant, lançait en même temps des demandes d’autorisation de défricher et d’exploiter quelques 200 hectares…

Aujourd’hui, en 2011, un tapis roulant de près de 3 Kms mène les granulats au centre et tri et la zone exploitée s’étend jusqu’au niveau du bourg de Michel-de-Rieufret.

On complètera le tableau avec les prises de position d’Alain Juppé, présent à l’inauguration : « Vous comprendrez que le maire de Bordeaux et de la CUB soit très heureux. .. Grâce à ce site, nous allons pouvoir nous alimenter ». Et, pour ne pas perdre l’habitude de faire passer un avatar pour du pain bénit, cette volonté déclarée : « Transmettre à nos enfants des sites de qualité identique à ceux qui existaient auparavant ». Une caricature du genre
Rien ne vaut d’aller sur place pour en être convaincu.