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Chemins ruraux de Saint-Morillon et commission extra municipale : 10 ans d’histoire

vendredi 9 décembre 2011, par ajas

Jeudi 13 octobre 2011, le Conseil municipal discutait et amendait la proposition du document organisant, régissant et règlementant la future « commission extra municipale des chemins ruraux ». Mme le Maire avait assurément raison lorsqu’elle déclarait : « on ne va pas refaire l’histoire ». Il peut, cependant, ne pas paraître inutile de regarder en arrière : expérience acquise et connaissance des dossiers ne sont jamais de trop.

La précédente commission extramunicipale des chemins ruraux (CEM) a été mise en place dès le début du 1er mandat de Danielle Secco. Constituée d’une quarantaine de bénévoles, cette CEM a jugé logique de commencer par un « état des lieux ». La mission a été accomplie en 2 ans et un document a été établi décrivant l’état de chacun des chemins ruraux officiels de la commune. Il va de soi qu’au-delà des problèmes identifiés par la CEM il appartenait à l’autorité municipale de prendre le relais et de décider des mesures jugées nécessaires.
Et puis, est sorti sur le marché le Plan départemental de boucles locales et d’itinéraires de grande randonnée qui concernait la communauté de communes de Montesquieu (CCM).

Sans dire que la commission extra municipale a été poussée sur la touche, l’affaire est passée pour l’essentiel dans les mains des élus.
Cela, plus la lassitude engendrée par un certain immobilisme de l’équipe municipale, ont conduit la CEM, selon la formule de Jean-Michel Benesse, « à s’étioler au cours du temps » et je rajouterai « à sa disparition de fait, sans regret apparent de ceux qui l’avaient voulue ».
Ceci dit, le Projet de Plan Départemental prenait de l’importance. La CCM faisait appel à un bureau d’études : « Les chantiers de l’Entre-deux-mers » qui avait mission de donner forme au projet de boucles et d’itinéraires. Chacune des 13 municipalités devait faire ses propositions pendant que le bureau d’études consultait les cadastres, effectuait les visites sur place et organisait les réunions de concertation.

Il résultait de ce travail une proposition cohérente des boucles et itinéraires, assortie de la liste des problèmes posés sur le territoire de chacune de ces communes. Il appartenait aux équipes municipales, et à personne d’autres, de résoudre ces problèmes. C’était le préalable à l’étape suivante : la prise en charge du dossier par M. Barry Byrne, cheville ouvrière du Conseil Général, qui avait largement participé à toutes les étapes de son élaboration (1).

Là aussi, depuis 2007, le projet s’est « étiolé  ».. Et je crois que, pour les mêmes raisons que la 1ère CEM, M. Barry Byrne a, lui aussi, été atteint par la lassitude..

Alors, une nouvelle CEM pour quoi faire ?

D’après le statut qui vient d’être approuvé, il s’agit, d’une part, « d’émettre un avis et de faire des propositions sur toute question ou projet concernant les chemins ruraux », d’autre part « d’informer-consulter et se concerter avec les habitants… ».

Pour ce qui concerne ces objectifs, deux choses ne doivent pas être perdues de vue :
- depuis plus de 5 ans, les avis et propositions n’ont pas manqué tant de la 1ère CEM que du bureau d’études engagé par la CCM ou de M. Barry Byrne. Or, à ma connaissance, aucune action n’a été concrétisée sur le territoire de la commune à l’exception du déplacement d’assiette du CR n° 72 du Bourg à Lagraulet. Et encore cela s’est-il fait à la demande d’un propriétaire riverain et n’a consisté qu’en la régularisation d’une situation imposée d’autorité et de longue date par ce riverain.

- un « comité consultatif » (dénomination officielle de la commission extra-municipale) ne me semble pas être un outil adapté pour les questions de communication.

Pour ce qui concerne la structure proprement dite, Monsieur le Premier adjoint a parlé d’une « usine à gaz »… On comprend qu’elle puisse paraître complexe avec des collèges d’élus, de citoyens, d’associations, des représentants de la DFCI, de l’ACCA, des exploitants, un bureau avec président et vice-présidents, un comité consultatif, etc.. On comprend aussi qu’un candide fraîchement débarqué sur la commune, impressionné par la sophistication de la démarche, puisse l’interpréter comme une volonté forte de s’attaquer au problème. En même temps, le même candide ne manquerait pas d’être désorienté par un président du bureau qui, en toute logique, approuve le «  règlement intérieur » et les deux vice-présidents qui s’y déclarent opposés…

Vu par quelqu’un qui a suivi depuis le début la question des chemins ruraux, leur devenir est beaucoup plus largement tributaire d’une prise de position claire, nette et précise de l’équipe municipale, assortie des moyens qu’elle déciderait de se donner, que d’une CEM dont on peut craindre qu’elle ne serve qu’à faire perdurer une attitude très attentiste.

Le gag du « comité Théodule » pour évacuer un problème encombrant est vieux comme la République.

En conséquence, pour l’association LGPE, rien de nouveau sous le soleil…

Rappelons qu’elle s’est prononcée pour la réouverture des chemins ruraux et non pas de certains chemins ruraux. Bien évidemment, nous ne sommes pas naïfs au point de croire que tout peut se faire d’un seul coup, comme par enchantement, mais « un début de commencement de quelque chose » aurait été perçu comme une manifestation de bonne volonté.

Avec la mise en place de cette nouvelle commission « au plus tard le 1er janvier 2012 ».., temps de « chauffe  » et d’études…, mise en forme des premiers résultats…, allers-retours commission-municipalité…, un esprit négatif dirait que le mandat municipal et, par voie de conséquence, la vie de la commission risquent d’arriver à leur terme avant que grand-chose ne soit fait.

9 novembre 2011
Philippe Delpech pour LGPE

(1) Après contact avec le service tourisme du Conseil général en charge du PDIPR, j’ai eu confirmation de la prise en charge par le département (après contrat) de la réouverture « physique » des chemins : débroussaillage, dessouchage et établissement de petits ouvrages d’art (busage, passerelles, etc..). On conviendra que voir laisser passer cette opportunité peut laisser perplexe.
Un commentaire de mon interlocuteur : « Nous avons une très longue expérience de ce genre de projets. Dans certains cas, nous sentons les élus très motivés ; dans d’autres, non… Chez vous, on les sent pas… »